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Ils sont Galeristes

Informations

La galerie est ouverte
du mardi au samedi, de 14h à 19h
et sur rendez-vous

38, rue Notre-Dame-de-Nazareth
Fr – 75003 Paris

Portrait par Léa Chauvel-Lévy

Galerie Derouillon

On peut aimer Pnl, se teindre les cheveux en blond sur un coup de tête et parler avec érudition de l'art contemporain. Avec l'iconoclaste Benjamin Derouillon, la galerie à la française prend une tournure libre et nouvelle. Une révolution en douceur des codes et préceptes établis.

La relève. Ainsi pourrait-on définir, s'il fallait traduire en un mot l'esprit de cette jeune galerie. La relève et même l'avant-garde. Stéphanie Darmon et Benjamin Derouillon ont le regard qui porte loin. Ils ont l'avenir en ligne de mire et celui-ci se conjuguera avec les jeunes générations. Ces deux trentenaires (lui à peine plus) croient ferme à une chose : il faut accueillir la nouveauté.

Lui, Benjamin Derouillon a le parler franc. Iconoclaste, ancien broker, il est passé d'un marché à l'autre. Des salles de marchés au marché de l'art. Il quitte tout pour ouvrir sa « petite entreprise ». Il appelait les grands investisseurs pour les convaincre d'investir dans les petites sociétés, les jeunes pousses. Aujourd'hui, il a toujours cette envie de vouloir convaincre « Mais je vends de l'émotion et non plus des business plans ». Un ancien trader bien reconverti, sans nostalgie aucune qui reconnaît et s'en amuse, ne pas avoir dans les veines les codes du milieu. Mais ne pas avoir fait d'études d'Histoire de l'art lui apporte l'audace dont sa galerie, qui vient de fêter ses quatre ans, avait besoin. Contacter des éminences alors qu'il n'a pas un mois d'expérience ? Et alors ? C'est sa force et son courage. On pourrait même parler d'un bagout intelligent, nourri, renseigné et passionné. Mais casquette à l'envers et cheveux peroxydés tout de même, car il faut tordre le cou à l'aspect parfois guindé de l'écosystème et savoir faire un pas de côté face à l'orthodoxie. Elle, Stéphanie Darmon, directrice de la galerie qui a rejoint la structure en 2014, apporte une connaissance du biotope, plus normative et académique. Après des études d'Histoire de l'art à Paris 1, elle travaille un temps avec des antiquaires et experts en mobilier et objets d'art à Saint-Germain-des-Prés, puis passe un temps sur les parquets cirés de Sotheby's. La complémentarité et la complicité caractérisent ainsi ce duo. On est un « binôme rêvé » nous confieront-ils.

C'est bien le travail qui les unie ainsi qu'une ligne qui se définit de plus en plus nettement dans le temps : c'est devenu la galerie parisienne qui offre aux artistes, hexagonaux ou internationaux, leur premier solo show parisien. Ce fut le cas en novembre 2014 avec l'artiste israélien Guy Yanai dont la première monographie en France s'est tenue sur leurs cimaises. Défricheurs, donc. Vigies, assurément. Et ouverts, comme leur bureau en atteste, puisque tout le monde peut les voir travailler. Sans ornière, sans cloison. Personne ne se sentira exclu entre leurs murs. Voilà pourquoi Benjamin peut parler du travail de ses artistes une heure durant sans avoir besoin de s'assurer que celui qu'il a en face est un collectionneur. On pourrait parler de générosité, d'envie de partager. Benjamin ouvre souvent les bras, vous verrez si vous avez l'occasion de le rencontrer. Cette ouverture se traduit également par une politique de cartes blanches à des commissaires invités, artistes ou curateurs indépendants, comme ce fut le cas avec l'exposition curatée par l'artiste Olivier Kosta-Théfaine, aujourd'hui résidant de la Villa Médicis.

Dans cinq ans où se rêvent-ils ? « Sans doute dans un espace plus grand avec plus de murs pour les œuvres, mais toujours disponible au public ». Et garder toujours un œil sur le marché américain et une présence sur les foires à l'étranger comme cela est déjà le cas pour eux qui ont déjà participé à la foire Nada à New York en mai dernier. À suivre de près donc, ou à distance, via leur présence sur les réseaux sociaux car on les sait déjà suivis par près de 10 000 followers. S'inscrire dans son temps, faire avec les outils du contexte dans lequel la galerie grandit et garder en tête le potentiel énorme du sang frais, de la jeunesse et la fécondité des talents de demain. Ainsi va leur optimisme. Portrait réalisé dans le cadre de Galeristes 2016

Expositions

Based on a True Story, 2017
Guy Yanai, Love of Beginnings, 2017
Roman Moriceau, In Heaven Everything Is Fine, 2016

Artistes

Annabelle Arlie

John Dante Bianchi

Fabien Boitard

Elvire Bonduelle

rotating-painting-65-2017
Galerie Derouillon
Elvire Bonduelle
Rotating Painting #65, 2017
Acrylique sur toile

46 × 38 cm

Micky Clément

Nils Guadagnin

Vincent Lorgé

Roman Moriceau

Przemek Pyszczek

facade-2015
Galerie Derouillon
Przemek Pyszczek
Façade, 2015
Peinture polyuréthane sur dibond, acier

150 × 150 cm
Crédit : Grégory Copitet
facade
Galerie Derouillon
Przemek Pyszczek
Façade
Peinture polyuréthane sur dibond, acier

240 × 150 cm

Jonas Unger

Guy Yanai

coming-home-2016
Galerie Derouillon
Guy Yanai
Coming Home, 2016
Huile sur toile de lin

183 × 152 cm
Crédit : Elad Sarig