Galeristes

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Ils sont Galeristes

Informations

La galerie est ouverte
du mardi au vendredi, de 10h30 à 12h30
et de 14h30 à 18h30

10, rue des Beaux-Arts
Fr – 75006 Paris

Portrait par Sarah Ihler-Meyer

Pouvez-vous nous parler de vos débuts en tant que galeriste ?
L'ouverture de la galerie date de 1986. Il s'agissait au départ d'une collaboration avec un marchand d'art qui possédait une collection d'art des années 1950. On avait alors organisé plusieurs expositions thématiques, notamment autour de la matière et une autre intitulée « Paris-Tokyo » avec des artistes japonais vivant à Paris comme Kumi Sugaï, Hisao Domoto, Toshimitsu Imai, Yasse Tabuchi et Jun Dobashi. Issu d'une école de commerce, je me suis ainsi formé sur le terrain, en fréquentant des artistes et en observant leurs œuvres. Au début des années 1990, enthousiasmé par ce métier, j'ai poursuivi seul l'aventure de la galerie. D'autres rencontres se sont succédé, comme avec Bob Nickas, un critique d'art et commissaire d'exposition américain. À l'occasion d'une visite d'ateliers à New York, il m'a présenté Steven Parrino et Olivier Mosset, avec qui j'ai collaboré ultérieurement. Carl Andre, avec qui je correspondais à l'époque, m'a fait découvrir un certain nombre d'artistes femmes qu'il estimait sous-représentées, dont Marianne Scharn, Susan Chorpenning et Rosemarie Castoro, avec lesquelles j'ai travaillé par la suite. Ces diverses rencontres ont ainsi donné lieu à de multiples expositions à la galerie avec des artistes américains comme Mel Bochner ou Lawrence Weiner mais aussi des artistes français comme Daniel Buren, Niele Toroni, Daniel Dezeuze, Lucas L'Hermitte, Claude Rutault et Jean-Pierre Bertrand. Finalement, la galerie s'est construite par un cheminement autour de l'art conceptuel et minimal qui se poursuit aujourd'hui en s'élargissant à d'autres types de pratiques.

 

Quel est selon vous le rôle d'un galeriste ?
Une galerie est un outil qui doit avant tout servir les artistes. Son rôle principal est à mon sens de montrer et de rendre visibles des pratiques et des artistes sous-représentés ou encore peu connus. C'est ce qui m'a conduit au début des années 1990 à voyager en Chine, où j'ai rencontré des artistes comme Gu Dexin et Zhang Peili que j'ai exposé avec Huang Yong Ping, ce dernier étant par la suite devenu la star que l'on connaît. J'ai par ailleurs initié un travail de plusieurs années autour de la poésie avec des artistes venant du cercle de Carl Andre : il s'agissait alors de traduire en français un poème en cours de David Gordon, mis en forme par le typographe Reno Odlin et ensuite exposé à la galerie sous forme de feuillets accrochés aux murs. Cet aspect collaboratif se retrouve également dans la série d'expositions et de manifestations intitulée « Turtle », initiée par un vidéaste et musicien américain aujourd'hui décédé, Michael H. Shamberg ; selon son souhait, l'enjeu était de créer une sorte de « salon anarchiste » qui réunirait un maximum de gens pour constituer une œuvre commune qui se déploierait dans le temps et l'espace. Parmi la centaine d'artistes invités, on pouvait notamment croiser Etel Adnan, Simone Fattal, Ned Richardson, Chris Marker, Joanna Hadjithomas et Khalil Joreige. Mon rôle était alors non pas de porter un jugement critique sur ce qui se faisait, mais de faire en sorte que les choses puissent avoir lieu, d'offrir les moyens et un cadre d'accueil idéal pour ce type de proposition en dehors des formats habituels.

 

Y a-t-il un type d'œuvres qui retient en particulier votre attention ?
Comme je vous le disais, je m'intéresse particulièrement aux artistes trop peu montrés. C'est par exemple le cas de Rosemarie Castoro, qui a tout un travail autour du quotidien, du langage et de la ligne, mais aussi de Hessie, une artiste autodidacte qui s'approprie des pratiques artisanales dites « féminines » comme la broderie, ou encore de Robert Huot, un artiste minimaliste américain, également performeur et cinéaste expérimental. Trois artistes dont je présenterai le travail au salon Galeristes, avec en plus des pièces de Ryo Takahashi, Christine Piot, Marie-France Jean, Nicole Hassler et Diana Quinby, eux aussi trop peu visibles. Ce qui relie peut-être l'ensemble de ces artistes, c'est de produire des œuvres un peu silencieuses, qui résistent au temps, échappent aux modes et aux diktats du marché - une sorte de silence éloquent. Portrait réalisé dans le cadre de Galeristes 2017

Expositions

Helga Natz & Simone Nieweg, 2017
Hessie, Survival Art 2016, 2016
Hessie, Survival Art 2016, 2016
Robert Huot & Carol Kinne, Hommage à Carole Kinne, 2016

Artistes

Stéphane Bayard

Bill Brand

Rosemarie Castoro

Nadine De Koenigswarter

Éloise Decazes

Bernadette Drouillot

Hans-Peter Feldmann

Benoit Golléty

Pat H Mart

Nicole Hassler

Hessie

Robert Hunter

Robert Huot

Marie-France Jean

Carol Kinne

Martina Klein

Lucas L'Hermitte

Christiane Maier Reinhard

Katy Martin

Carmengloria Morales

Maria Morganti

Jane Motin

Helga Natz

Judith Nelson

Christine Piot

Diana Quinby

Ned Richardson

Anne Saussois

Marianne Scharn

Eiji Suzue

Ryo Takahashi