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Ils sont Galeristes

Informations

La galerie est ouverte
du mardi au samedi, de 11h à 19h
et sur rendez-vous

138, rue du Temple
Fr – 75003 Paris

Portrait par Romain Semeteys

Galerie Éric Dupont

Fabrique du regard

Avec acuité, Éric Dupont convient volontiers que ce sont les artistes qui ont éduqué son regard. À la fin des années 1980, un petit groupe d'entre eux - dont la plupart sont encore présents dans la galerie - lui ont ainsi appris à identifier ces caractères engagés, voire obstinés, pour qui l'acte de créer est au centre de tout. Très rapidement sans illusions sur le milieu ambiant de l'art contemporain, auquel il prête un peu trop d'arrogance, Éric Dupont choisit de se tourner vers des artistes qu'il estime alors plus « généreux » et avec lesquels il souhaite grandir au même rythme et dans une même dynamique.

Depuis, c'est avec l'aide d'Élisabeth Golovina-Benois, ingénieur civil de l'École des Mines de Paris, présente depuis trois ans à ses côtés pour diriger la galerie, qu'il continue cette nécessaire ouverture sur le présent. Avec elle, qui est plus jeune que sa fille ainée Théodora (il tient à le préciser), ils s'apportent mutuellement ; il est essentiel pour Éric Dupont de s'entourer d'autres générations qui regardent le monde différemment et qui le stimulent, dans cette recherche de profondeur et de vérité qu'il affectionne tant.

Les artistes l'ont formé, il partage désormais ce qu'il a appris.

Suit le chemin

Concernant la jeune génération, Éric Dupont remarque une évolution très nette dans les attitudes qu'il peut constater chez les artistes aujourd'hui en début de carrière, et dont le « business plan » rythme les projets de vie davantage que le travail. Autant de méthodes et de petites man?uvres qui le font sourire : ces stratégies dérisoires peuvent apporter un peu de reconnaissance momentanée mais la vérité est ailleurs. Il préfère se tourner du côté de la générosité et de la constance.

D'ailleurs le galeriste déteste ce mot, « stratégie », et lui préfère franchement celui de chemin. Il peut ainsi lui arriver d'aider un jeune artiste à monter des projets, à exposer dans des espaces associatifs, voire dans une autre galerie. Peut-être par résilience, il cherche à rendre la vie moins difficile à ces artistes qu'il aime tant. Déambuler, marcher, se mouvoir... cette idée de parcours et de partage ne le quitte jamais.

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin. »

Dans la joie

La force d'Éric Dupont est d'avoir une confiance en l'avenir, soutenue ou habitée par la confiance qu'il accorde au travail des artistes.

En ne souhaitant pas renoncer à ce qu'il est profondément, et en ne se positionnant pas sur un marché standardisé qui se situe, selon lui, le plus souvent en dehors de l'essentiel - il peut parfois être boudé par de grandes foires internationales. Cependant, il sait pertinemment et consciemment où est sa place dans la « hiérarchie perceptive » du milieu de l'art, et ne cherche pas à faire semblant de paraître ce qu'il n'est pas. Inversement, cette vision décalée lui a permis durant toutes ces années de rencontrer des êtres fascinants, dont certains collectionneurs qui souhaitent avant tout participer à une aventure commune avec lui et avec ses artistes.

Pour parler de sa vérité, qui lui semble bien souvent peu audible, Éric Dupont emploie de nombreuses métaphores sacrées dans le but de partager une nécessité de se « séparer du groupe ». En entretenant ainsi un fort rapport au spirituel et à la transcendance, il accompagne des artistes reliés par éthique commune, une autre manière d'être au monde.

Éric Dupont croit à cette grâce que l'on peut ressentir face à une puissante ?uvre d'art.

En 2017, l'exposition Exil marque une étape importante dans l'histoire de la galerie avec la présentation d'?uvres de sa collection qui ont fondé son regard sur l'art. Dans le texte de l'exposition, comme un « statement » de sa vie, Éric Dupont fait ainsi part de sa volonté de se mettre à l'écart. L'exil, c'est peut-être cela : tenter toujours de sortir de soi-même. Parfois dédaigné par certains, le vacarme ambiant ne l'atteint plus, il veut aller à l'essentiel, sans se détourner.

La force d'une galerie est justement d'habiter dans l'essentiel. Portrait réalisé dans le cadre de Galeristes 2017

Expositions

Hyun Soo Choi, Carlos Kusnir, Exil, 2017 © J.-F. Rogeboz, galerie Eric Dupont, Paris
Pascal Convert, À Bâmiyân, 2017 © Galerie Eric Dupont, Paris
Marie Sommer, Willys Kezi, Katarzyna Wiesiolek, 2018 © Galerie Eric Dupont, Paris
Didier Mencoboni, Épisode XI, 2017
Yazid Oulab, À la pointe, 2017
Damien Cabanes, 2017
Pascal Convert, 2016
Howard Hodgkin, Prints, 2015

Artistes

Taysir Batniji

Fouad Bouchoucha

Damien Cabanes

Michel Campeau

Côme Mosta-Heirt

Pascal Convert

Thierry Costesèque

Wiame Haddad

Willys Kezi

Carlos Kusnir

Siobhan Liddell

Didier Mencoboni

Mari Minato

Gil & Moti

Otto Muehl

Nicholas Nixon

Yazid Oulab

Paul Pagk

Mathieu Pernot

Olympe Racana-Weiler

Narmine Sadeg

Regina Virserius

Christoph Von Weyhe

Gabrielle Wambaugh

Katarzyna Wiesiolek

Stéphane Zagdanski