Galeristes

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Ils sont Galeristes

Informations

La galerie est ouverte
du jeudi au samedi, de 13h à 18h
et sur rendez-vous

rue de la Tulipe, 31A & 35A
Be – 1050 Bruxelles

Portrait par Romain Semeteys

Archiraar

Architecte de formation (École nationale supérieure d'architecture de Paris-Belleville, il tient à la préciser) Alexis Rastel travaille à sa sortie d'études quelques années en France, où il rencontre son conjoint, Octave Emmanuel. Pour le boulot, ils décident tous deux de partir à Bruxelles pour collaborer auprès de différentes agences d'architectes sur des projets pour le quartier européen, alors en pleine reconstruction. Par la suite, ils mettront à profit ces compétences scénographiques pour l'univers du luxe, domaine grâce auquel des premières rencontres avec la scène artistique locale - dont certains collectionneurs - se font assez naturellement.

Toujours dans le cadre de leurs activités, ils décident tous deux d'investir un local pour y aménager un bureau donnant directement sur la rue avec sa surface vitrée. Un bureau dites-vous ? Tiens, tiens. Très rapidement émerge l'idée (ils semblent avoir fait exprès) de se servir du lieu pour monter un petit projet d'exposition. De fil en aiguille, l'expérience est réitérée et quelques artistes commencent à s'installer temporairement dans ce qui ressemble de plus en plus à une résidence : une petite chambre est aménagée, puis viennent également une salle de bain et un coin cuisine. Bientôt, ils décident de transformer complètement le bureau en galerie permanente. Sans blague !

 

Sainte-Chapelle

 

À quelques mètres, Alexis et Octave décident d'acheter un autre lieu, dans un bâtiment brutaliste de la fin des années 1960, pensé dès le début pour y présenter des œuvres.

À l'ouverture de la galerie en 2012, l'espace est délimité par des pointillés, posant les bases graphiques très tranchées de ce qui deviendra cette entité bicéphale quelques mois plus tard. Par un aménagement très structuré, scénique, le volume devient un white cube poussé à son extrême. Le bâtiment est lui aussi impartial, nous pourrions être finalement n'importe où, et certainement pas à Bruxelles. Le blanc, la longueur, la lumière, le dépouillement... Tout pourrait finalement faire écho à un temple, à un lieu de représentation sacré. Se voulant le plus neutre possible, l'espace en devient presque caricatural, poussant les artistes à réagir face à ce contexte assez saisissant. Ils ont d'ailleurs souvent eux-mêmes « carte blanche » pour proposer des expositions qui sont parfois en dehors de toute logique commerciale.

Un an après son ouverture, l'espace historique du « bureau » est entièrement repensé pour répondre en miroir à l'espace immaculé du white. Le lieu se veut feutré, toujours dans une recherche très graphique mais beaucoup plus intime. Les lumières sont tamisées, les murs sont peints en noir mat et l'on s'y sent un peu comme à la maison. Le Black Cube est né !

Le noir et le blanc deviennent le recto et le verso d'une même réalité, tout comme les cartons d'invitation des vernissages qui ont lieu en général le même soir pour les deux espaces.

 

Arts et métiers

 

Un certain nombre de collectionneurs d'Archiraar Gallery sont aussi passionnés d'architecture que peut l'être son galeriste; les discussions se font naturellement, des affinités culturelles se mettent en place. Pour la programmation, Alexis Rastel ouvre son regard pour ne pas trop s'enfermer non plus dans ses goûts personnels.

On retrouve pourtant assez clairement une esthétique du « faire » dans le choix de ses artistes, qui se manifeste par la fabrication, l'élaboration, la conceptualisation ou la construction. Avec Octave, ils s'intéressent dès le départ à de très jeunes artistes et suivent certaines écoles de prédilection qu'ils ont ciblées : la Central Saint Martins à Londres ou la Kask Conservatory à Gand pour ne citer qu'elles. Avant d'ouvrir la galerie, ce sont d'ailleurs des établissements où tous deux achètent de temps en temps quelques œuvres aux jeunes diplômés. Au-delà de l'univers esthétique, la relation humaine avec l'artiste rentre très vite en considération ; des rapports amicaux et sincères se mettent souvent en place, permettant un cadre relationnel et affectif sur le long terme dans un rapport de confiance mutuel cher à la galerie.

Galeriste, c'est aussi bien sûr un métier à part entière, avec sa part inévitable d'entreprenariat et de gestion. Alexis Rastel parle ainsi de son « entreprise » lorsqu'il évoque l'aventure d'Archiraar Gallery. C'est en effet un grand défi que de tenir un budget équilibré et de maintenir le cap. L'argent, cette notion quasi tabou durant sa carrière d'architecte, où l'on évoquait volontiers plutôt des budgets et des cahiers des charges, n'est désormais plus intangible pour Alexis Rastel.

Depuis son appartement, situé au dernier étage du même immeuble abritant le White Cube et le Black Cube, la vue panoramique offerte sur Bruxelles est un prétexte parfait pour échanger avec l'heureux visiteur, faisant oublier toute relation commerciale entre le galeriste et son collectionneur, et c'est plutôt rare. Portrait réalisé dans le cadre de Galeristes 2017

Expositions

Roman Moriceau, Mono No Aware, 2017
Roman Moriceau, Mono No Aware, 2017
Caroline Le Méhauté, Metanoïa, 2017
Caroline Le Méhauté, Metanoïa, 2017
Brecht Heytens, Splitting Space, 2016 - 2017
Camille Leherpeur, Aura, 2016
Camille Leherpeur, Aura, 2016
Falcone, Enne Boi & Lucas Jardin, Matrioshka Principle, 2016
Caroline Le Méhauté, Emmanuelle Leblanc & Lucie Lanzini, Variable Dimension of Reality, 2016
Le Geste de l'admoniteur, 2016
Le Geste de l'admoniteur, 2016

Artistes

Enne Boi

Claude Cattelain

Falcone

Élodie Huet

Takahiro Kudo

Caroline Le Méhauté

Emmanuelle Leblanc

Camille Leherpeur

Sylvio Marchand

Roman Moriceau

Jimmy Ruf